18 juin 1965 – Commémoration de la bataille de Waterloo (150 ans)

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“Il pleuvait à Waterloo, ce 18 juin 1965, comme en ce 18 juin 1815, qui scella, dans la morne plaine détrempée, le destin de l’Empereur. La ferme d’ Hougoumont, cent cinquante ans après, voyait, à nouveau converger vers elle, les descendants des régiments britanniques, engagés dans cette bataille qui opposa près de 200.000 hommes sur quelques kilomètres carrés. Mais cette fois, ils venaient se recueillir et prier pour les dix mille tués de part et d’autre et honorer la vaillance de leurs adversaires d’alors, devant le monument aux Français. Deux jours plutôt, à Ligny, le 16 juin 1815, Napoléon avait dirigé, du haut de cet observatoire, ce qui serait sa dernière victoire. Ligny s’est plu à l’évoquer, avec une ferveur touchante. Les descendants des grognards de Ligny avaient reçu le droit de porter les décorations de leurs ancêtres. Ils étaient quelque 60.000, opposés aux 95.000 hommes de Blücher. Ce fut une mêlée terrible. En fin de journée, Blücher avait perdu la partie. Deux jours plus tard, c’était Waterloo: avec pour protagonistes; Napoléon, tel qu’on le voit ici en 1815; Wellington, le Duc de Fer; le Prince d’ Orange, commandant les Hollando-Belges; le Maréchal Ney, sabreur invincible jusqu’alors; Grouchy, qui ne serait pas au rendez-vous; Blücher, qui, lui, surviendrait au moment crucial; Van Merlen, qui, avec d’autres généraux belges, mena au combats les quatre mille hommes de nos régiments les plus fâmeux. Les histoires militaires ont décrit cette bataille historique, les peintres l’ont illustrée, la légende s’en est emparée: Blücher et Wellington à la Belle Alliance. Cambronne et le dernier Carré de la Garde. La débacle finale de ce qui fut la Grande Armée. Waterloo, hier champ de bataille, aujourd’hui plutôt champ de foire, si malgré la commercialisation du site, l’ombre de Napoléon n’y planait toujours, impérialement. C’est que le grand vaincu de Waterloo a laissé en Belgique, mieux que ceci: des valeurs durables: le Code Napoléonien, avec la structure de notre magistrature. Le franc du Consulat et de l’ Empire, que nous avons repris en 1832. Nos institutions administratives. Les académies et lycées. L’expansion moderne du Port d’ Anvers et des constructions navales. L’essor de la métallurgie dans la région liégeoise. La mécanisation des industries textiles à Gand et à Vervier. Et ce que, surtout, chaque ménage belge apprécie encore journellement: le sucre de bettraves. En 1812, l’ Empereur agréait les premiers pains. Tirlemont en fabrique encore pour l’exportation; mais depuis cent cinquante ans, le grand mérite de notre industrie sucrière est de mettre à portée de tous un aliment énérgétique essentiel, naguère produit de luxe. Tirlemont est devenu le centre sucrier de Belgique, et aussi des cultures couvrant 60.000 hectares . Autre culture typiquement belge, également due à l’ Empereur: la chicorée à café; antérieurement plante médicinale, le blocus continental en fit découvrir la racine améliorée comme substitut du café. Elle devint aliment de santé, puis accompagnement naturel du café. Nous traitons toujours, par an, quelque douze millions de tonnes de chicorée à café, et nous avons remis en évidence les vertus diététiques d’une boisson de santé, déjà reconnue par les Anciens. Enrichissement folklorique, celui-ci: les marches militaires de l’ Entre Sambre et Meuse. D’origine plusieurs fois séculaire, elles doivent au régime impérial de porter encore les uniformes qui furent ceux de la Grande Armée. Et revoici, au pied du Lion de Waterloo, un siècle et demi après la bataille, un nouveau Carré: celui des Britanniques. Un Carré de commémoration, de recueillement surtout, et de prière pour ceux qui donnèrent leur vie en ce champ clos de l’ Europe. Pour eux, sonna le Last Post, le dernier salut aux héros morts. Autour des monuments élevés par cinq pays, naguère rivaux et aujourd’hui associés, Waterloo monte une dernière garde pieuse.”

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